Pour ce second mandat, il va continuer de s'occuper du dossier de la numérisation des ouvrages de la BNF par Google.
(Reuters)
Le poste était convoité
par l'ancienne ministre de la Culture, Christine Albanel. Finalement,
c'est Bruno Racine qui a été reconduit dans ses fonctions de président
de la Bibliothèque nationale de France (BNF), pour un second mandat, a
annoncé ce mercredi le Conseil des ministres. Conseiller maître à la
Cour des comptes et ancien président du Centre Pompidou à Paris, Bruno
Racine, 58 ans, avait été nommé à la présidence de la BNF le 2 avril
2007 pour un premier mandat de trois ans.
Agrégé de lettres classiques et auteur de nombreux ouvrages, Bruno
Racine a été directeur de l’Académie de France à Rome (1997-2002) avant
d’être nommé président du Centre Pompidou en 2002. A la tête de la BNF,
Bruno Racine s’est notamment occupé, et continuera de s’occuper, d’un
dossier brûlant: la numérisation des ouvrages de la BNF par Google. Il
vient de publier «Google et le nouveau monde» (Plon), un essai où il promeut un scénario qui, grâce à l’engagement de l’Etat et à «une alliance exigeante» avec le moteur de recherche américain, permettrait «aux acteurs de l’édition de s’adapter au nouveau monde en conservant leur indépendance».
Un remarquable travail de fond
La bibliothèque numérique de la BNF, Gallica, vient elle de dépasser
le cap du million de documents, dont la plupart sont accessibles
gratuitement. Racine a accompli à la tête de la Bibliothèque nationale
de France «un remarquable travail de fond, aussi bien sur le plan
de la gestion de l’établissement que sur la conduite de projets
ambitieux, plaçant cette bibliothèque comme une des toutes premières au
monde», a souligné le ministère de la Culture et de la Communication.
En février dernier, la BNF a réalisé sa plus importante acquisition
patrimoniale avec les manuscrits de Casanova (1725-1798), dont la
légendaire «Histoire de ma vie» du célèbre libertin diplomate
vénitien, grâce à un généreux mécène qui a déboursé plus de 7 millions
d’euros. Une exposition à la BNF, à l’automne 2011, permettra au public
de découvrir ces manuscrits mythiques.
Historien
spécialiste du XVIIIème siècle français, Robert Darnton n'ignore rien
des "blogs" et "tweets" contemporains, et négocie avec Google la
numérisation des livres des bibliothèques d'Harvard.
Fronde contre Google
dans le livre numérique
Marie-Catherine Beuth , Le Figaro, 21/08/2009
Microsoft, Amazon et Yahoo! rejoignent la coalition Open Book Alliance, opposée à
l'accord entre le groupe Internet et les ayants droit américains. Le
front anti-Google vient de rallier des alliés de poids. Microsoft,
Yahoo! et Amazon ont rejoint une coalition d'opposants au projet de
Google dans le livre numérique. Appelée Open Book Alliance, elle veut
empêcher la justice américaine d'approuver un accord collectif conclu
en octobre 2008 par Google avec les auteurs et les éditeurs
américains. suite
Le Monde Diplomatique,
jeudi 20 août 2009
Google,
le grand méchant loup dans la bibliothèque ?
La
mise à disposition par Google de millions de livres – dont une majorité
de titres épuisés – sous forme électronique représente-t-elle une
chance pour l’accès à la connaissance, ou crée-t-elle une dangereuse
situation de monopole, de surcroît peu avantageuse pour les
auteurs ?
Le débat rebondit aux Etats-Unis, rapporte l’International Herald
Tribune (« Lawyer and Author Adds His Objections to Settling the
Google Book Lawsuit »,
19 août 2009). A l’automne 2008, le géant de l’Internet avait
trouvé un
arrangement avec les auteurs et les éditeurs, qui l’avaient d’abord
poursuivi en justice pour avoir commencé son œuvre de numérisation sans
les consulter. Mais aujourd’hui, au moment où cet accord doit être
examiné par la justice, certains ayants droit le remettent en question.
En même temps, on apprend que la Bibliothèque nationale de France
(BNF), dont le précédent
directeur, Jean-Noël Jeanneney, refusant de
confier le patrimoine littéraire français à une multinationale
américaine, s’était opposé avec force aux projets de Google, discute
actuellement la possibilité de lui confier en partie la numérisation de
ses œuvres. Elle y serait poussée par des considérations financières,
le budget alloué au projet Gallica étant largement insuffisant.
En mars dernier, Robert Darnton, historien
et directeur de la
bibliothèque de Harvard, examinait dans nos colonnes les différents
aspects de l’affaire Google (« La bibliothèque universelle, de Voltaire à Google»). Dans Le Monde
diplomatique de septembre (en kiosques le 2 septembre), un
article de Cédric Biagini et Guillaume Carnino, auteurs et éditeurs (L’Echappée),
interroge le modèle de société que promet le livre électronique, et
défend la spécificité du livre papier.
«Accepter
l'accord, c'est assurer la numérisation des ouvrages et donner une
visibilité aux livres existants mais aussi une vie aux livres
épuisés.», déclare Philippe Colombet, responsable du programme
recherche de livres pour la zone francophone chez Google.
Ils ont jusqu'au 4 septembre pour
adhérer ou non à l'accord conclu en octobre 2008 entre Google et les
éditeurs américains.
Signera,
signera pas ? Les éditeurs français comme tous leurs homologues
mondiaux ont normalement jusqu'au 4 septembre pour dire s'ils se
rallient ou non à l'accord conclu le 28 octobre entre Google et les éditeurs et auteurs américains.
Cet accord était censé mettre fin à trois ans de batailles devant les
tribunaux américains. Les éditeurs américains reprochaient au géant de
Mountain View d'avoir scanné, sans respect du droit d'auteur, des
œuvres issues des collections des grandes bibliothèques américaines
partenaires de Google. En octobre, Google a accepté de verser
125 millions de dollars d'indemnités à ces éditeurs. Mais le
département américain de la Justice, inquiet des risques de
constitution de monopole de Google, s'est emparé de l'affaire et
décidera le 7 octobre s'il entérine l'accord ou s'il impose des
renégociations. Du coup, tous les experts estiment que la date butoir
du 4 septembre devrait être repoussée après cette décision.
À
travers son projet de recherche de livres (Google Book Search), Google
a numérisé - au-delà d'un million de livres tombés dans le domaine
public - six millions d'ouvrages sous droits d'auteur dont cinq
seraient, selon Google, épuisés. L'accord s'applique aux éditeurs et
auteurs, même étrangers, dont au moins un livre est présent sur le
territoire américain. Il stipule que Google versera 125 millions
de
dollars pour dédommager les plaignants des numérisations illégales
passées et pour rémunérer les usages futurs. Pour le dédommagement du
passé, 45 millions de dollars sont prévus, à raison de
60 dollars par
ouvrage numérisé. Pour l'exploitation à venir des fichiers, Google
propose, via la mise en œuvre d'un «registre des droits sur les
livres», de verser aux ayants droit 63 % des revenus générés par
l'outil de recherche de livres. Mais ce modèle économique n'est valable
que pour les livres numérisés avant le 5 janvier 2009.
Monopole sur la numérisation
Ces
derniers mois, les éditeurs européens, et notamment français, réunis au
sein du Syndicat national de l'édition (SNE), pèsent le pour et le
contre d'un texte extrêmement complexe. «S'exclure de l'accord signifie
que les livres continueront à être numérisés par Google et pourront
être librement accessibles sous forme d'extraits. Les ayants droit
gardent la possibilité de poursuivre Google en justice aux
États-Unis mais ils ne peuvent plus demander le retrait de leurs
livres
de la base Google», indique-t-on au SNE. «C'est reconnaître à Google un
monopole sur la numérisation et l'exploitation de presque tous les
livres sous copyright aux États-Unis», soulignait Robert Darnton,
patron de la bibliothèque de Harvard, dans The New York Review of
Books. «C'est la porte ouverte à de lourdes dépenses d'avocats aux
États-Unis», avertit Vincent Montagne, président de la maison d'édition
Média Participations. Chez Google, Philippe Colombet, responsable du
programme recherche de livres pour la zone francophone, répond.
«Accepter l'accord, c'est assurer la numérisation des ouvrages et
donner une visibilité aux livres existants mais aussi une vie aux
livres épuisés.»
En attendant,
le SNE, la Société des gens de
lettres et le groupe Hervé de La Martinière ont décidé de poursuivre la
procédure qu'ils ont lancée conjointement en 2006 à l'encontre du géant
américain.
LE MONDE 31 AOÛT 2009 M.
Mitterrand freine les ardeurs de la BNF dans ses négociations avec
Google
A quoi joue donc
la Bibliothèque nationale
de France (BNF) ? Est-elle en train de réviser de fond en comble sa
politique vis-à-vis de Google ? En 2005, Jean-Noël Jeanneney,
alors à la tête de la BNF, avait invité les Européens à s'unir pour
contrer les ambitions du géant américain, qui avait annoncé la
numérisation de quinze millions de livres en six ans. Aujourd'hui, la
BNF serait prête à recourir aux services du géant américain. Le coût
très élevé de la numérisation des livres expliquerait ce changement
radical de stratégie. "Nos négociations avec Google pourraient
aboutir d'ici à quelque mois", a ainsi affirmé Denis Bruckman, directeur général adjoint, le 18
août au quotidien économique La Tribune. Une déclaration qui a
suscité un vif émoi. tout
l'article
_______________________________
Notes très instructives
du Monde en marge de l'article ci-dessus
Les ressources de Gallica
Livres
Sur les 13 millions
d'ouvrages de la BNF, Gallica,
sa bibliothèque
numérique, offre, en ligne, 830
000 documents dont 330 000 en mode
image (disponibles à Gallica.bnf.fr) : littérature, histoire, histoire
des sciences, ainsi que la presse nationale et internationale. La BNF numérise dans le strict respect du droit d'auteur. Depuis 2009, l'accent est mis sur les collections rares :
manuscrits estampes, photographies.
Partenariats
Gallica a noué des partenariats en
France et à l'étranger : à Paris,
avec des bibliothèques spécialisées, comme l'Institut national
d'histoire de l'art (INHA), le Musée
du quai Branly ou l'université
Cujas. La Fondation Mellon
a financé la numérisation des collections de
manuscrits découverts par Paul Pelliot à Dunhang (Chine). La Fondation
Getty, celle du Roman de la rose.
Budget
Pour
sa numérisation, la BNF dispose d'un budget de 7 millions par an, sans
équivalent en Europe. Cinq millions d'euros proviennent du Centre
national du livre (CNL) et 2 millions des crédits propres de la
BNF,
qu'elle réserve aux collections rares.
Google aims to
make millions of books available
on the internet [GALLO/GETTY]
Internet
search giant Google has promised to make concessions to European
publishers as it seeks to win over EU support for its project to make
millions of books available online.
The European Commission was due to
examine Google's proposal on Monday, amid concerns by some European
copyright holders that their exclusive rights could be eroded.
The
Commission will look at a recent deal Google reached with America's
Authors Guild and the Association
of American Publishers.
Interview Par FRÉDÉRIQUE
ROUSSEL Chronique: LIVRE in Libération du 14 octobre 2009
Robert Darnton, directeur de la bibliothèque de Harvard et Bruno
Racine, président de la BNF,
discutent des défis que pose
la numérisation des œuvres entreprise par le géant américain.
Cinq ans après
le lancement de son programme de numérisation de
livres, Google Books a mis en ligne 10 millions d’ouvrages grâce à
ses
partenariats avec des bibliothèques (29 aujourd’hui dans le monde)
et
des accords avec des éditeurs. Or il a indifféremment traité des livres
tombés dans le domaine public et d’autres sous droits d’auteur,
déclenchant l’ire des ayants droit.
Après trois ans
de procès contre Google, les éditeurs et auteurs
américains (1) ont négocié un accord, le «settlement», qui vient d’être
retoqué par le département antitrust américain. Google doit revoir sa
copie avant de passer devant un tribunal de New York, le
9 novembre,
pour une éventuelle validation. Les éditeurs français, italiens et
allemands ont notifié à la justice américaine leur ferme opposition à
ce protocole d’accord.
LIVRE - Avec Google Editions, l'entreprise se lance
dans le marché payant et partagera ses revenus avec les éditeurs...
En
terrain ennemi. Jeudi, Google a choisi l'Allemagne et la Foire du
livre de Francfort pour en dévoiler davantage sur Google
Editions, son
projet de librairie en ligne. Avec la France, le pays d'Angela Merkel
est celui qui a jusqu'ici combattu avec le plus de vigueur Google
Books –poussant le géant du net à quelques
récentes concessions.
Mais
Google Editions ne joue pas sur le même terrain. Ici, on ne parle pas de numérisation de
livres épuisés, tombés dans le domaine public
ou de contenu appartenant à des
bibliothèques. Il s'agira d'une
plateforme commerciale, dont le lancement est attendu en Europe et aux
Etats-Unis en juin 2010.
Ouvert
Comme le note TheBookSeller.com,
Google veut ici proposer une offre «buy anywhere, read anywhere»
(acheter n'importe où, lire n'importe où). Car la plateforme donnera
accès à trois canaux d'achats, chacun ayant son modèle de partage des
bénéfices:
la librairie de Google elle-même
(2/3 pour l'éditeur, 1/3 pour Google)
un libraire partenaire (45% pour
l'éditeur, 55% partagés entre Google et le libraire)
ou directement sur le site d'un
éditeur (ratio encore non déterminé)
Mais
surtout, les livres pourront être
lus sur un ordinateur, un téléphone, ou certains eReaders. Ils seront
stockés dans le nuage du web, mais une version locale en cache pourra
permettre d'y accéder sans Internet.
De 400.000 à 600.000 livres
Google
n'a pas livré de noms pour les appareils compatibles, mais ceux de
Sony, qui a récemment adopté le format ouvert EPUB,
devraient être de la partie, tout comme celui du libraire
Barnes&Noble. En revanche, Amanda Edmonds, de Google, a déclaré à Francfort qu'elle
«doutait» que le Kindle d'Amazon, le leader supposé du marché qui campe
sur son format propriétaire, soit de la partie.
Google
annonce de 400.000 à 600.000 ouvrages disponibles (30% de
plus que sur la Kindle store, mais il n'est pas clair si ce chiffre de
Google inclut des livres gratuits). Reste à voir si les éditeurs
–surtout français et allemands– se laisseront séduire. Gallimard, Stock
et Grasset n'étaient pas disponibles dans l'immédiat pour réagir.
Disparition
de Dominique Frémy, qui avait créé le QUID en 1963 avec son épouse
Michèle Il vient de mourir à Paris, à l'âge de 77 ans.
Dominique Frémy
Né
le 5 mai 1931 à Paris, il avait travaillé pour le groupe Shell à la fin
des années 1950, après des études à l'Institut d'études politiques et à
la faculté de lettres de Paris, avant de bâtir son encyclopédie.
Esprit
méthodique, fouineur, levé à 5H30 tous les jours, Dominique Frémy a
passé sa vie à compiler, dépouiller des journaux, établir des listes et
recueillir de nouvelles informations. Personnage discret, né dans une
famille aristo cratique du Loiret, il expliquait sa vocation par une
curiosité sans bornes et le besoin de tout noter. Le succès
phénoménal du Quid à partir des années 1970, et son passage chez
l'éditeur Robert Laffont, l'avait propulsé à la tête d'une entreprise
florissante et d'un réseau de 11.000 correspondants dans le monde.
Publiée
pour la première fois en 1963, l'encyclopédie, dont le slogan est "tout
sur tout... tout de suite", a connu 44 éditions consécutives et a été
diffusée, selon la famille, à près de 14 millions d'exemplaires dans le
monde.A la fois dictionnaire, encyclopédie, providence des
amateurs de concours et de jeux de société, le Quid s'était peu à peu
étoffé jusqu'à dépasser les 2.000 pages pour un tirage annuel de
500.000 exemplaires dans les années 1990.Le comte Dominique Frémy était
chevalier de la Légion d'honneur et Commandeur des Arts et des Lettres.
La
ministre de la culture, Christine Albanel, a salué "le créateur d'une
des plus spectaculaires réussites éditoriales de notre époque".
"C'était un homme", a écrit la ministre dans un communiqué transmis
jeudi soir à l'AFP, "animé par le désir inlassable de tout voir, tout
comprendre et tout montrer".
Et un direct de Belgique : Publiez votre
propre livre !
Aimeriez-vous
publier votre propre livre ?
Alors UniBook peut être la
bonne solution pour vous. UniBook fournit un
service qui permet à chacun d’imprimer son propre livre avec la même
qualité que les livres que vous trouvez en librairie.