Non, il ne s'agit pas
d'Astérix ni de José Bové mais du Prince Charles en lutte frontale lui-aussi
contre les multinationales du tout-OGM. Ces derniers mois, sans mettre
de gants blancs, et parfois les yeux dans les yeux,
il attaque en personne et au grand jour les Frankenstein de
l' agriculture industrielle et commerciale ainsi que les monopoles
géants et tentaculaires de semences OGM en Angleterre et partout où il
est invité à se faire entendre .. y compris ce 5 octobre dernier en
Inde!

Et, comme vous verrez plus loin, il a des arguments ! Il est informé de bonnes sources. Et ni
Green Peace, ni la WWF, ni l'IUCN, ni surtout les Friend's of the Earth (Les Amis de la Terre) de
partout n'ont à en rougir ! Brisons donc le silence
assourdissant qui est fait sur les
dernières initiatives pro-paysannerie, pro-agriculture
biologique et
anti-OGM du Prince Charles !
Les
temps changent en diable quand on
retrouve celui-ci, non plus seulement dans les sinistres revues au
papier glacé de la
presse dite "People" à jouer du polo, ou à passer la Garde en
revue, mais plutôt, et presque sans arrêt ces dernières
années, dans
les champs et les étables des fermiers anglais aux prises avec
l'épidémie de la vache folle, dans ses
jardins et conserveries-bio et dans les journeaux - des
sites web même - reconnus de gauche et
anti-establishment ou de tendances
alternatives tous horizons confondus et souvent clairemement
anarchisants! Bravo le Prince ! C'est beaucoup en apparence pour un
ancien de Sandhurst ! Mais c'est là assumer en fait un véritable
leadership. Et dans le cas de la lutte anti-OGM Charles est justement
là où
il le faut. Et le signal qu'il envoit au monde est très fort
: les
arguments et appels des écologistes à la prudence vis-à-vis les OGM et
le biotech en général ont été entendus par un écologiste convaincu et
de surcroit prochain Roi de Grande-Bretagne.
«
Il
ne s’agit pas de revenir en arrière, nous dit Charles, il s’agit de
reconnaître que nous sommes du côté de la nature, pas contre elle ».Ce n'est pas rien !
C'est qu'il a les yeux fixés davantage sur le long terme du bien
commun général que sur le court terme des étiquettes idéologiques et
partisannes . En fait, pour parler franc, ce qui peut contrarier royalement
quand on le regarde aller, c'est qu'il se trouve là où un véritable leadership républicain et démocratique
devrait oser s'exercer s'il n'était soumis d'abord au court terme des
préoccupations électorales, des sondages de popularité et au manque souvent navrant de courage politique
personnel qui caractérise nos démocraties dites "libérales" face aux lobbys de toutes sortes!.
Tout cela
mérite pour le moins
notre attention et force par avance le respect dû au Prince Charles.
Cela peut agacer encore un peu plus amis républicains et autonomistes de partout
mais la "vérité vraie"
dans ce cas-ci, c'est d'abord que Son Altesse, aujourd'hui comme
hier, en véritable Ami de la Terre , pratique l'agriculture bio
depuis
plus de 30 ans et en tire des produits en conserve également certifiés bio qui sont forts réputés.
Un cycle
éconologique complet qu'il serait long de décrire ici!
Et, çà ne s'arrête pas là: chaque année il en remet pourrait-on dire! Depuis plus d'un an par exemple, il
publie son
« empreinte écologique
annuelle », c'est-à-dire qu'il fait connaître tout ce qu'il a
fait, et
où, et combien de fois, qui a « un impact sur
l'environnement ». Dans 20 ans ce sera chacun notre tour
peut-être? L'avenir s'annonce sombre mes frères! Il n'est pas toujours drôle le
Prince! Faut le lui dire!
Mais farce à part, il expérimente la
comptabilité écologique laquelle inclue
les coûts et profits biologiques dans les
coûts et recettes des bilans comptables , ce que l'on négligeait auparavant
dans les comptabilités annuelles des sociétés, entreprises, institutions
et gouvernements, pour ne pas parler des familles et des individus.Une gestion ISO-Bio en quelque sorte.
Sur ce point, Charles est à l'heure et même un peu en
avance ! C'est nous pour la plupart qui sommes
en retard ! Pas lui !
Et cette année encore il vient de lancer le Prince's
Rainforest Project qui a pour but de
sensibiliser les populations à la déforestation. Bref, du "non-stop
dancing" pour ce type acharné à sauver la planète - et nous avec - en
prêchant d'abord par l'exemple et en y mettant à contribution ses
moyens qui, soit dit en passant, ne sont pas du tout négligeables.
Encerclé
qu'il est
depuis sa naissance par les lobbys
de toutes sortes - y compris ceux du biotech, ce ne doit pas être chose
facile pour le Prince Charles de faire front ! Pensons-y ...
le BioTech par exemple à lui-seul, est puissant en Grande Bretagne et
le parti-pris de la
plupart des scientifiques et personnalités politiques en faveur des OGM
y est probablement aussi omniprésent qu'il ne l'est aux États-Unis et
au Canada.
Réflexion
faite cependant, Charles n'est pas dans une situation
qui lui
permette d'agir publiquement comme bon lui semble sous le coup de
simples caprices
d'écologiste entêté comme nous le présente habituellement "en
boucle" la
presse à grand tirage - tout le kit (TV, Radios, Journeaux, Websites et
"Experts"). Cette presse étant, comme par hasard, généralement
acquise de longue date ou récemment - propriétaires et actionaires
- aux OGM et autres biotechnologies. Quitte pour cela à
verser leurs larmes de crocodiles lorsqu'arrivent ou arriveront
les inévitables
dégâts collatéraux
chez les végétaux,
les sols, l'eau, les fermiers et finalement les consommateurs- citoyens
eux-mêmes! Une presse qui n'hésite dailleurs pas ces derniers temps à
se draper
du
manteau mal assorti de la lutte efficace contre la faim dans le
monde! Être anti-OGM ou remettre en question les supposés miracles du
biotech, à la différence de leurs sens du progrès et
du bonheur humain, ce serait condamner deux milliards d'êtres humains -
rien que çà ! -
à mourrir de faim. Un comble d'imposture de ces Machiavels de notre
époque, à ces preneurs en otage de l'Humanité entière!
À la différence de la plupart
d'entre-nous, le Prince de Galle donc a, également depuis plus de trente
ans, les moyens de se tenir
informé avant d'agir et même, on s'en doute bien, de réévaluer l'effet de ses démarches de façon toute
professionnelle avec des gens qui s'y connaissent! Il a certainement un
excellent secrétariat et quelques
conseillers avisés depuis de nombreuses
années. Et on n'ose penser ici à sa mère ni surtout à son père .. tout de même très informés ! On omet
aussi ses contacts obligés avec la Chambre des Lords et le Parlement Britannique!
De la part du Prince Charles donc, comme ce fut le cas en Inde le 5
octobre dernier, il ne peut s'agir de simple
improvisation d'écologiste idéaliste, passéiste, luddite, en mal de publicité etc Nenni!
Son
comportement
essentiellement politique ne signifie t-il pas plutôt une profonde mutation
des esprits - sinon des valeurs - au sein même des classes
dirigeantes britanniques et du Commonwealth ? Souhaitons-le du moins
! Car du fait de son statut royal en Grande-Bretagne et au sein
du Commonwealth, ses prises de positions publiques impliquent
directement en plus
de
la
Grande Bretagne, du
Canada et de l'
Australie/ Nouvelle- Zélande , un pays
aussi déterminant que l'
Inde actuelle et un grand nombre d'
États
de l'Afrique sub-
saharienne (dont le
Nigéria par exemple ou encore l'
Afrique du Sud,
le Kénya ou la
Tanzanie) etc.!
Et c'est sans parler de l'effet d'entrainement que la Grande-Bretagne et le
Commonwealth ont non seulement sur le reste de l'
Europe mais plus encore sur les
États-Unis d'Amérique. Ceux-ci, et par ricochet le
Canada
entr'autres, sont devenus à la longue -
et sans que les Peuples
américain et canadien eux-mêmes n'aient à dire quoi que ce soit - les
"ennemis systémiques" de
la
petite et moyenne agriculture aussi bien chez-eux qu'ailleurs dans le
monde au nom d'une certaine conception dominante de l'agriculture
scientifique, ultra- commercialisée, industrialisée .. et financée .. Au profit de qui
finalement ?
En
ces jours actuels de
crise financière majeure - bien des certitudes qui ont fondées cette
conception des choses sont appelées à être abandonnées ou du moins
soumises à de sérieuses remises en
question. Par exemple ces dernières semaines, soudainement, le
capitalisme
financier spéculatif et hors contrôle doit être tenu à
bout de
bras par les simples contribuables
de tous les pays du monde afin d'éviter un effondrement général de
l'économie réelle! Même la Chine et la Russie en sont à proposer ces jours-ci leurs bons
offices à Washington afin d'éviter le pire! Et les SOS pour une mise en
place d'une gouvernance
mondiale de la finance internationale par les ÉTATS se font pressants
.. y compris de la part des banquiers aux abois eux-mêmes! Qui l'eût crût?
Ce sont encore une fois les pouvoirs publics tant décriés ces 25
dernières années qui doivent ramasser les pots cassés par
les arrogants du tout au privé.Espérons que ce sera la dernière et la bonne!
Outre
donc qu'il arrive à titre d'écologiste convaincu et de longue date -
ce qui ne déplait qu'aux empoisonneurs publics du profit à
tout prix - le Prince apporte dans ses bagages une capacité
réelle d'influence décisionnelle que la
plupart des militants écologistes au sens large et aux "anti-ogm" en
particulier n'ont jamais eus jusqu'à
maintenant.
Son implication
directe signifie en fait que - entr'autres - la lutte
anti-ogm marginalisée jusqu'ici monte maintenant d'un cran significatif
dans l'ampleur des moyens et des voix qui la prennent au sérieux et lui sont dorénavant
ouvertement consacrés. En plus de la France et même de toute la "vieille Europe", cela devient
maintenant et pour demain aussi l'affaire de la Grande-Bretagne et de son large
réseau d'influence à travers la planète même en dehors du Commonwealth!
C'est une bonne nouvelle. Et il y a lieu de nous en
réjouir!